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AUTRE CAS D'ECOLE.

 
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 07:57 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

E.C. est parti chasser à partir des environs du PK 235 de la RN1 et s'est égaré pendant plusieurs jours.
Il a été retrouvé du côté de Charvein...

J'ai parlé avec lui sur Skype une paire de jours après son retour. Au-delà d'un passionné, j'ai eu en face de moi un homme lucide, analysant sans complaisance les événements vécus. Il souhaite mettre à profit cette expérience pour en tirer les enseignements de façon à éviter qu'elle ne se renouvelle. Encore sous le choc, il lui faudra un peu de temps pour se livrer à une analyse à froid de sa mésaventure. L'erreur ayant mené à cet incident est sans doute à mettre au compte de la routine.
Seconde erreur directement liée à la première : pas de boussole !

Placé en situation difficile, E. C. a su faire preuve de calme. C'est ce qui lui a permis de s'en sortir en bon état.
Quelques éléments se font jour, de nature à progresser dans la gestion de ce phénomène récurrent de la perte en forêt et nous reviendrons plus largement sur la question.

Nous lui passons donc la parole et dés qu'il le souhaitera, il se livrera ici à une analyse des faits.
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 07:57 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 11:18 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

 Un chasseur qui ne s'est jamais perdu , n'est pas un chasseur
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 13:03 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Mais souvent personne ne raconte cela  Laughing bien entendu  Okay

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benoist


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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 13:11 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

 Mais bon 5 jours ca fait long surtout seul.
Evitez d'aller à la chasse seul , ici c'est pas la chasse au perdreaux dans les plaines de Beauce.
De plus ne perdez pas votre sang froid à la vue du gibier , ni meme apres le tir, c'est souvent le gibier qui perd le chasseur .
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MessagePosté le: Mar 16 Juil - 13:48 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Notre ami s'exprimera plus longuement sur le sujet une fois son analyse faite.
Il est à noter pour l'instant le décalage entre les performances et techniques des locaux (Bushinengués, chasseurs) et celles des forces de l'ordre. Il ne s'agit pas là d'une critique.
Le fait est qu'apparait de façon de plus en plus évidente la nécessité de création et mise en place d'un protocole à respecter en cas de perte. C'est à la lumière de son aventure et en collationnant les informations relatives aux antérieures arrivées à d'autres qu'il sera possible d'arriver à un protocole.
Celui-ci pourrait s'articuler comme suit :

Avertissement sur la perte en forêt. La routine, qui se perd, etc.
Précautions à prendre avant immersion en forêt. Signaler aux amis et proches, etc. Impératif de respecter ces données.
Matériel à prendre.
Définition du comportement à adopter. Fonction de la destination, de la personne, etc.
Connaissance préalable du comportement des sauveteurs.
Définition de moyens visuels de repérage. A mettre en parallèle avec survol de la zone. Heure de survol fixe, feu producteur de fumée allumé à heure convenue.
Autres moyens techniques.

J'ai pondu ça vite fait sur le gaz. La boite à idées est ouverte.
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MessagePosté le: Mer 17 Juil - 08:03 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

 Pour ma part , mon moyen de locomotion est la pirogue , je ne chasse jamais en voiture.
Donc je chasse toujours dans les criques .Quand je pars à la chasse , je m'arrange toujours pour faire un layon en demi cercle afin de toujours retomber sur la crique.
De même s'engager sur de grands layons est une erreur , car le gibier n'est jamais très loin de l'eau , et tuer un gibier loin veut dire le porter longtemps.
Le matériels emporté se résume à un sabre ,  des cartouches et surtout un briquet.
Enfin pour ceux qui partent chasser en voiture , essayer de faire des layons en suivant les reliefs naturels (crique, flanc de montagne) et prenez comme point de repères comme des arbres remarquables (par exemple).
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MessagePosté le: Mer 17 Juil - 08:08 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Les arbres remarquables... Pour moi, sauf à être un lion en botanique, les arbres remarquables sont rarissimes. Plus le parcours est long et plus ils sont rares.
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MessagePosté le: Lun 12 Aoû - 20:38 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Bonjour à tous,


Voici le récit du « chasseur égaré » début juillet. Récit narré, il me semble avec le  recul nécessaire.
Suite à mon séjour prolongé en forêt j’ai souhaité m’entretenir rapidement avec M Deplanque car il fut lors de mon arrivé en Guyane (il y a presque 10 ans déjà) une des personnes qui m’a donné l’envie de chasser en forêt profonde. J’avais envie de comprendre comment une simple journée de chasse avait pu se transformer en un périple d’ une semaine en mode survie.
 
Suite à mes discutions avec M Deplanque j'ai décidé de raconter  mon périple aux personnes fréquentant ce forum. 
J’espère que les membres de ce forum pourront mettre en commun  leurs compétences afin qu’un protocole de recherche efficace puisse être réalisé.
  
Je n’aime pas trop parler de moi mais je vais faire un effort car lorsque je fus rentré dans mes pénates j’ai pu constater que pas mal de gens ont connu des personnes qui se sont égarées en forêt. Le père de ma propriétaire c’était perdu 7 jours en forêt il y a fort longtemps malgré une très grande connaissance de la forêt. Un ami infirmier qui a passé de nombreuses années à Grand Santi se souvient de chasseurs hors pairs qui ne sont jamais ressorti de la forêt….et la liste des exemples peut encore s’allonger.
 
Mais ce qui me motive d’avantage se trouve dans la manière dont les recherches se sont déroulées. En aucun cas je ne souhaite blâmer quiconque ayant voulu m’aider et je souhaite remercier toutes les personnes qui ont participé aux recherches.
 
Mon récit sera composé de 2 parties : Moi dans la forêt (partie 1) et les recherches (partie 2)
 
Partie 1 :
 
Lundi, petite journée de chasse et de pêche. Je pars généralement pour 10 h/11 h en forêt.  Départ de Saint Laurent pour le pk 236 où j’emprunte un ancien chemin forestier afin de me rendre sur des spots de chasse et de pêche que j’affectionne particulièrement. Plusieurs heures de marche sont nécessaires pour les atteindre.
 
Début d’après midi au milieu des wasaï, les oiseaux sont au RDV. Le terrain est encore marécageux malgré la météo particulièrement clémente de ces dernières semaines. C’est un endroit que je connais bien. Voilà deux années que je viens régulièrement. J’ai balisé au rubalise quelques passages difficiles.
La pluie fait son apparition. Je décide de rentrer. Rapidement je me rends compte que je n’arrive pas à retrouver mes traces. Je tente de retrouver mes repères. Pas de boussole dans mon sac… Trop confiant, l’habitude des lieux… La lumière diminue, mais l’inquiétude augmente. Je décide de trouver la crique « sofba » (nom donné par les saramakas à cette crique) et de la descendre. Elle mène vers Charvin et suit une piste qui remonte de l’Acarouany. Je n’ai jamais effectué ce parcours et mes connaissances du terrain sont très sommaires.
 
Pourquoi ce choix ? J’ai appris à chasser avec des amis Saramakas et c’est un des premiers conseils qu’ils m’ont donné en cas de perte  « toujours descendre les criques ». La présence d’eau me rassure dans la mesure où elle m’est vitale.  Et enfin, la peur a hâté cette décision.
 
Avec le recul, j’aurais du insister, quitte à passer la nuit sur place. Si je m’étais souvenu des zones marécageuses sur les cartes j’aurais réfléchi à 2 fois….
 
Première nuit dans la forêt. Je m’abrite simplement, J’ai une couverture de survie, de l’huile de carapa, de l’anti-moustique. Je fais cuire comme je peux deux toucans avec un petit feu allumé grâce à la poudre d’une cartouche.  Je somnole car je surveille un éventuel coup de feu.
 
 
Mardi. Je redescends toujours la crique. Je pêche un aïmara et coupe un patawa. Je trouve « un bon layon de chasse » ce qui m’aide dans ma progression et me rassure. Problème, la zone où j’arrive est marécageuse. Plus de layon. Je me confectionne à nouveau un abri. Deuxième nuit dans la forêt.  Nuit difficile : froid, pluie donc pas chasseurs ce soir malgré une lune favorable et le vol (par un ou des  pian(s) je suppose) de mon gibier.
 
Mercredi. J’essais de trouver une solution pour sortir de cette zone marécageuse. Ce n’est pas la crique « sofba » qui inonde la forêt mais une autre crique. Je tourne en rond. Retours à mon abri. Nuit difficile car j’essais de ne pas penser à mes proches. Dernier feu car mon briquet me lâche…
 
Jeudi.  Je repars dans une direction différente. Je commence à souffrir physiquement. Heureusement je trouve un patawa. Je dors à la belle étoile sur le sable d’une petite crique. J’ai de la chance il ne pleuvra pas ce soir là.
 
Vendredi. Nouvelle zone marécageuse. Pas de solution… Nouvel abri. Nuit terrible car il pleut et ma « cabane » prend l’eau. Je tire mes dernières cartouches car je entendu au loin un coup de feux vers les 3/4 heure du matin. En vain…
 
Samedi.  J’ai un coup au moral. Je suis fatigué et les protéines commencent à manquer…. Je commence à envisager le pire. Un coup de feu vers les 10 h du matin, je n’ai plus de cartouches mais j’ai mon sifflet et encore de la voix. 2 chasseurs que je ne connais pas apparaissent, suivis de 2 amis Saramakas et de deux collègues de travail. Retrouvailles chaleureuses et retours à la civilisation… Au final j’étais à 15/20 min d’abattis qui se trouvent à 5 km de Charvein.
 
 
Durant ce séjour j’ai perdu 3 kg. Pendant 2 jours j’ai eu du mal à dormir la nuit. J’avais l’impression d’être en état d’alerte permanent. J’ai éprouvé des difficultés pour me nourrir pendant quelques jours. Ce n’est qu’au bout de quatre jours que « la pression » est retombée. C’est à ce moment là que j’ai éprouvé une fatigue physique intense. Il m’a fallut une bonne dizaine de jours pour me requinquer physiquement.
 
Sinon j’ai eu la désagréable surprise d’apprendre dès mon retour à Saint Laurent que ma mésaventure avait été médiatisée. Ce fut très pénible d’être contacté par la presse et d’entendre un ramassis de « conneries » sur « le chasseur égaré ». Comme je suis quelqu’un de discret et de méfiant je n’ai jamais raconté à qui que ce soit ce qui m’était arrivé à part à M Deplanque et maintenant aux personnes fréquentant ce forum.
 


Partie 2
 
Lundi : Ma femme ne me voyant pas rentrer à la maison appelle un collègue de travail (D.R) avec lequel j’ai déjà chassé au PK 236. Elle ne sait pas où je vais chasser exactement. Je lui dis toujours d’appeler telle ou telle personne qui connaît les endroits où je vais chasser en cas de problème.
D.R part au pk 236 vers les 22 h mais ne trouve pas ma voiture. Dommage car elle se trouvait à 50m d’où il s’est arrêté. Pourtant je l’avais amené avec moi plusieurs fois. Face à cette situation ma femme fait une déclaration de disparition à la gendarmerie.
 
Mardi : D.R pense que j’ai changé d’avis et que je suis parti chassé au plateau des mines. Il ne trouve pas ma voiture et va trouver mon ami Saramaka (S.K) qui m’a enseigné l’art de la chasse pendant de nombreuses années. Ils retournent en début d’après midi au pk 236 et trouvent ma voiture. D.R rappelle la gendarmerie qui a effectué des recherches la matinée au pk 236.
La gendarmerie pense que je suis chez ma maîtresse ou que j’ai mis fin à mes jours. D.R les rassure sur ses sujets. D.R et S.K décident de partir quelques heures dans la forêt. S.K connait la manière dont je me déplace en forêt car c’est un peu la sienne. Il repère un endroit où je suis passé.
D.R doit partir en métropole le lendemain. Il décide d’appeler un autre collègue qui maîtrise la lecture des cartes afin qu’il épaule SK. La collaboration avec la gendarmerie lui semble difficile. Il a également des doutes quant à leurs techniques de recherches.
 
Mercredi : La gendarmerie part avec SK au pk 236. Incompréhension total entre S.K et la gendarmerie sur la manière d’effectuer les recherches. Mon autre collègue C.V contact S.K. Ils décident de travailler ensemble car pour la gendarmerie je suis mort. Mes amis pensent le contraire. En fin de journée S.K recrute des amis chasseurs et C.V travail sur les cartes.
Le mercredi soir la gendarmerie passe à mon domicile prendre une brosse à cheveux et une brosse à dent afin de récupérer mon ADN….
 
Jeudi : Les chasseurs partent à ma recherche. C.V contact l’ONF. L’ONF part également à ma recherche. S.K trouve ma trace. Le patawa coupé le rassure. Je suis vivant. Malgré une centaines de cartouches tirées il ne perd pas espoir. Il sait que je descends la crique. Le soir il retrouve C.V pour faire le point. Ils décident le lendemain de me chercher sur une zone précise, vers Mana. C.V va remonter l’Acarouny en bateau avec un ami.
 
Vendredi : Les recherches n’ont rien données des deux cotés. S.K et CV et Y.B se replongent dans les cartes et décide de chercher sur la zone de Charvein. S.K décide de contacter des chasseurs de Charvein qui connaissent bien les environs. Une fois les bonnes personnes trouvées, ils décident de partir pour 2 jours minimum avec C.V et Y.B.
 
Samedi : Les chasseurs de Charvein connaissaient bien le terrain je m’en apercevrai au retour. De l’eau jusqu’à la ceinture il était quasiment impossible de retrouver le chemin.
Une fois sortie de la forêt C.V informe la gendarmerie et l’ONF qu’ils m’ont retrouvé afin qu’ils cessent les recherches.
 
Dimanche : entretient téléphonique avec le Major P afin de répondre à quelques questions et de clôturer leur enquête.
 
 
 
Je pense que mon résumé est correcte et que je suis allé à l’essentiel.
 
 
Je me suis posé plusieurs questions suite à cette expérience :
 
- Comment j’en suis arrivé à cette situation ? Après réflexion et de bonnes discussions avec M Deplanque : la routine, l’absence de boussole et la peur.
 
- Comment j’ai pu tenir 6 jours et 5 nuits en forêt sans trop « de dégâts » :
 
·        Niveau matériel : une couverture de survie, un grand sac en plastique, de l’huile de carapa, de l’antimoustique, de la chlorexidine, un bon sabre, un couteau suisse (merci la pince à échardes), un briquet, un sifflet, mon juxtaposé Baikal et une cinquantaine de cartouches.
 
·        Une connaissance correcte de la forêt qui m’a permis de me nourrir, même chichement parfois, de me désaltérer et de m’abriter.
 
·        Un bon mental et une bonne condition physique.
 
Par contre une lime, une frontale, une autre couverture de survie, un deuxième briquet et du petit matériel de pêche m’aurait été très utile.
Et comme me l’a dit M Deplanque deux petits hamacs de brousse n’auraient pas été un luxe…
 
 
- Pourquoi cette impression de temps perdu par rapport aux recherches ?
 
·        Ne pas avoir communiqué précisément à ma femme l’endroit exact  où j’allais.
 
·        L’impossibilité de mutualiser les moyens entre la gendarmerie et les gens de terrain (« les chasseurs Locaux »)
 
- Ai-je pris la bonne décision ? Je ne sais toujours pas. J’ai respecté ce que mon ami Saramaka m’a toujours dit en cas de perte, ce qui lui a permis de me retrouver (avec l’aide de mes collègues) et j’ai toujours eu en tête, l’article que  M Deplanque avait écrit il y a quelques années quand 2 randonneurs se sont égarés en voulant se rendre à Saül.
M Deplanque précisait que ces 2 personnes n’auraient pas du rester à attendre les secours (j’espère que je ne me trompe pas…) bien que ma situation fut différente de la leur. J’ai toujours été en mouvement, avec un ou plusieurs objectifs pour la journée. En tout cas, je n’aurais pas pu rester à attendre des jours au même endroit. C’est ce qui m’a aidé psychologiquement.
 
- Est- ce que j’aurais pu rester « prisonnier » de la forêt pour toujours ? Mes amis m’ont tous dit qu’ils auraient finis par me retrouver et qu’ils avaient confiance en mes capacités à me débrouiller en forêt. S’ils ne n’avaient pas retrouvé aurais-je pu traverser ces zones marécageuses ? Je me donnais encore 4 jours et je comptais sur le bon temps pour faire baisser le niveau de l’eau. Je comptais également sur la rencontre avec des chasseurs (entendre des coups de feu) car j’ai croisé pas mal de layons et de cartouches.
 
- Avais-je tout mon esprit durant mon séjour en forêt. Il me semble que oui même si je n’ai pas réussit à reconnaître une bonne partie de la route de Charvein et de l’Acarouany en rentrant à Saint Laurent.
 
 
Je suis en métropole au moment où j’écris ce texte. Je vais retourner chasser et pêcher dès mon retour en Guyane. Je pense ne pas avoir d’appréhension particulière car je prendrai les précautions nécessaires pour ne pas me retrouver dans la même situation.
 
Mais au regard de ma mésaventure il est important de mettre en place un protocole de recherche en Guyane : attitudes que doit observer les sauveteurs et la ou les personne(s) égarée(s), mutualisation des moyens entre la gendarmerie et les personnes vivant en Guyane qui connaissent sérieusement la forêt.
 
El Pescador.
 
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MessagePosté le: Lun 12 Aoû - 21:38 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Gracias al Pescador pour ce témoignage plein d'humilité.

Pour avoir parlé plusieurs fois sur Skype avec lui, je peux affirmer que cette personne est calme et pondérée, capable d'une analyse objective et ne s'épargnant aucune autocritique.

Le premier point sur lequel j'aimerais mettre l'accent est que si aucune erreur n'est commise, on ne se perd pas. Ceci étant posé, il est toujours facile depuis son clavier de tirer à boulets rouges sur l'égaré ayant pu malgré tout s'extraire de cette forêt que nous aimons tous. Elle aussi, ayant tendance à une certaine possessivité...
Bref, ce cas d'école pouvant déboucher sur la mise en place d'un protocole pouvant aider les recherches. Donc, SVP, pas de critiques abruptes ! L'erreur est humaine et personne n'est à l'abri. Je citerai pourtant sans trop m'étonner les fantasmes gendarmesques. Les coups de la maîtresse, du gars mort au bout de quelques jours, de la brosse à dents pour l'ADN, tout ça dépasse l'entendement. Messieurs, la forêt guyanaise existe aussi à plus de cent mètres des glacières...
Il est tard. Dans un prochain message, je procéderai à un examen critique (mais constructif) du récit ci-dessus.
Toutes observations seront les bienvenues.
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Rodolfo


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MessagePosté le: Mar 13 Aoû - 08:37 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Bonjour, question bête, à chaud, et confortablement assis dans mon fauteuil : pourquoi ne pas marcher plein sud, soit avec le soleil sur l'épaule droite le soir et sur l'épaule gauche le matin (repos aux heures chaudes de la journée), pour rejoindre la RN ?
C'est fatiguant et compliqué de suivre une crique ...
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MessagePosté le: Mar 13 Aoû - 08:43 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

il faut un protocole qui colle bien a tout les cas de figures car la tu fait un cas précis Shocked prend un autre lieu Neutral loin des routes connu N1 Voir N2 Sad
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MessagePosté le: Mar 13 Aoû - 09:59 (2013)    Sujet du message: Autre cas d'école Répondre en citant

Bonjour à tous,


Voici le récit du « chasseur égaré » début juillet. Récit narré, il me semble avec le  recul nécessaire.
Suite à mon séjour prolongé en forêt j’ai souhaité m’entretenir rapidement avec M Deplanque car il fut lors de mon arrivé en Guyane (il y a presque 10 ans déjà) une des personnes qui m’a donné l’envie de chasser en forêt profonde. J’avais envie de comprendre comment une simple journée de chasse avait pu se transformer en un périple d’ une semaine en mode survie.
 
Suite à mes discutions avec M Deplanque j'ai décidé de raconter  mon périple aux personnes fréquentant ce forum.
J’espère que les membres de ce forum pourront mettre en commun  leurs compétences afin qu’un protocole de recherche efficace puisse être réalisé.
A titre personnel, je salue cette initiative. En effet, elle est de nature à apporter des éléments indicateurs de comportement, face à des situations où dominent l'incertitude et le manque d'informations.
 

Je n’aime pas trop parler de moi mais je vais faire un effort car lorsque je fus rentré dans mes pénates j’ai pu constater que pas mal de gens ont connu des personnes qui se sont égarées en forêt. Le père de ma propriétaire c’était perdu 7 jours en forêt il y a fort longtemps malgré une très grande connaissance de la forêt. Un ami infirmier qui a passé de nombreuses années à Grand Santi se souvient de chasseurs hors pairs qui ne sont jamais ressorti de la forêt….et la liste des exemples peut encore s’allonger.
Il faudra certainement piocher dans cette liste dans le but de faire un inventaire des causes ayant entrainé la perte et d'analyser les solutions ayant permis d'aboutir à la sortie de forêt.
 
Mais ce qui me motive d’avantage se trouve dans la manière dont les recherches se sont déroulées. En aucun cas je ne souhaite blâmer quiconque ayant voulu m’aider et je souhaite remercier toutes les personnes qui ont participé aux recherches.
Oui, mais… Enfin, nous positiverons.
Première étape : établir un contact avec la gendarmerie afin de voir si un gendarme pourrait être mandaté pour apporter l'éclairage de cette institution et intervenir sur ce forum afin de participer à l'élaboration de ce protocole. Après tout, il s'agit d'intérêt public et un bon protocole participe aussi à simplifier, voire accélérer les recherches.

 
Mon récit sera composé de 2 parties : Moi dans la forêt (partie 1) et les recherches (partie 2)
 Je formaterai en bleu ce qui est selon moi une erreur et commenterai en rouge.
Partie 1 :
 
Lundi, petite journée de chasse et de pêche. Je pars généralement pour 10 h/11 h en forêt.  Départ de Saint Laurent pour le pk 236 où j’emprunte un ancien chemin forestier afin de me rendre sur des spots de chasse et de pêche que j’affectionne particulièrement. Plusieurs heures de marche sont nécessaires pour les atteindre.
 
Début d’après midi au milieu des wasaï, les oiseaux sont au RDV. Le terrain est encore marécageux malgré la météo particulièrement clémente de ces dernières semaines. C’est un endroit que je connais bien. Voilà deux années que je viens régulièrement. J’ai balisé au rubalise quelques passages difficiles.
La pluie fait son apparition. Je décide de rentrer. Rapidement je me rends compte que je n’arrive pas à retrouver mes traces. Je tente de retrouver mes repères. Pas de boussole dans mon sac… Trop confiant, l’habitude des lieux… La lumière diminue, mais l’inquiétude augmente. Je décide de trouver la crique « sofba » (nom donné par les saramakas à cette crique) et de la descendre. Elle mène vers Charvin et suit une piste qui remonte de l’Acarouany. Je n’ai jamais effectué ce parcours et mes connaissances du terrain sont très sommaires.
 
Pourquoi ce choix ? J’ai appris à chasser avec des amis Saramakas et c’est un des premiers conseils qu’ils m’ont donné en cas de perte  « toujours descendre les criques ». C'est effectivement une solution, mais une solution parmi d'autres. Elle ne saurait s'appliquer à toutes les situations de façon systématique. Par contre, elle présente l'avantage de toujours conduire à un cours d'eau plus important, une piste ou route goudronnée et donc rapprocher de la "civilisation". La présence d’eau me rassure dans la mesure où elle m’est vitale.  Et enfin, la peur a hâté cette décision.
 
Avec le recul, j’aurais du insister, quitte à passer la nuit sur place. Si je m’étais souvenu des zones marécageuses sur les cartes j’aurais réfléchi à 2 fois…. Oui.
 

Première nuit dans la forêt. Je m’abrite simplement, J’ai une couverture de survie, de l’huile de carapa, de l’anti-moustique. Je fais cuire comme je peux deux toucans avec un petit feu allumé grâce à la poudre d’une cartouche.  Je somnole car je surveille un éventuel coup de feu. Oui mais… Un coup de feu nocturne en forêt guyanaise est un non évènement, car commun. Répondre à une détonation isolée reviendra à griller une cartouche pour rien. Les coups de fusil ne sont intéressants qu'en cas de rafales.
 
 
Mardi. Je redescends toujours la crique. Je pêche un aïmara et coupe un patawa. Je trouve « un bon layon de chasse » ce qui m’aide dans ma progression et me rassure. Problème, la zone où j’arrive est marécageuse. Plus de layon. Je me confectionne à nouveau un abri. Deuxième nuit dans la forêt.  Nuit difficile : froid, pluie donc pas chasseurs ce soir malgré une lune favorable et le vol (par un ou des  pian(s) je suppose) de mon gibier. Donc tu as dormi. Moi qui crois en l'existence d'une forme invisible de communication entre animaux et humains, je n'écarte pas l'hypothèse de félins conscients de ta perte.
 
Mercredi. J’essais de trouver une solution pour sortir de cette zone marécageuse. Ce n’est pas la crique « sofba » qui inonde la forêt mais une autre crique. Comment arrives-tu à cette conclusion ? Je tourne en rond. Retours à mon abri. Nuit difficile car j’essais de ne pas penser à mes proches. Dernier feu car mon briquet me lâche…
 
Jeudi.  Je repars dans une direction différente. Je commence à souffrir physiquement. Heureusement je trouve un patawa. Je dors à la belle étoile sur le sable d’une petite crique. J’ai de la chance il ne pleuvra pas ce soir là.
 
Vendredi. Nouvelle zone marécageuse. Pas de solution… Nouvel abri. Nuit terrible car il pleut et ma « cabane » prend l’eau. Je tire mes dernières cartouches car je entendu au loin un coup de feux vers les 3/4 heure du matin. En vain… Il vaut mieux les garder pour obtenir des protéines.
 
Samedi.  J’ai un coup au moral. Je suis fatigué et les protéines commencent à manquer…. Je commence à envisager le pire. Un coup de feu vers les 10 h du matin, je n’ai plus de cartouches mais j’ai mon sifflet et encore de la voix. 2 chasseurs que je ne connais pas apparaissent, suivis de 2 amis Saramakas et de deux collègues de travail. Retrouvailles chaleureuses et retours à la civilisation… Au final j’étais à 15/20 min d’abattis qui se trouvent à 5 km de Charvein.
 
 
Durant ce séjour j’ai perdu 3 kg. Pendant 2 jours j’ai eu du mal à dormir la nuit. J’avais l’impression d’être en état d’alerte permanent. J’ai éprouvé des difficultés pour me nourrir pendant quelques jours. Ce n’est qu’au bout de quatre jours que « la pression » est retombée. C’est à ce moment là que j’ai éprouvé une fatigue physique intense. Il m’a fallut une bonne dizaine de jours pour me requinquer physiquement.
 
Sinon j’ai eu la désagréable surprise d’apprendre dès mon retour à Saint Laurent que ma mésaventure avait été médiatisée. Ce fut très pénible d’être contacté par la presse et d’entendre un ramassis de « conneries » sur « le chasseur égaré ». Comme je suis quelqu’un de discret et de méfiant je n’ai jamais raconté à qui que ce soit ce qui m’était arrivé à part à M Deplanque et maintenant aux personnes fréquentant ce forum.
Même si c'est difficile, il faut essayer de rester au-dessus des racontars et des commentaires de broussards de comptoir.
 


Partie 2
 
Lundi : Ma femme ne me voyant pas rentrer à la maison appelle un collègue de travail (D.R) avec lequel j’ai déjà chassé au PK 236. Elle ne sait pas où je vais chasser exactement. Grosse erreur que ce manque initial de communication ! Je lui dis toujours d’appeler telle ou telle personne qui connaît les endroits où je vais chasser en cas de problème.
D.R part au pk 236 vers les 22 h mais ne trouve pas ma voiture. Dommage car elle se trouvait à 50m d’où il s’est arrêté. Pourtant je l’avais amené avec moi plusieurs fois. Incompréhensible ! Face à cette situation ma femme fait une déclaration de disparition à la gendarmerie. OK.
 
Mardi : D.R pense que j’ai changé d’avis et que je suis parti chassé au plateau des mines. Il ne trouve pas ma voiture et va trouver mon ami Saramaka (S.K) qui m’a enseigné l’art de la chasse pendant de nombreuses années. Ils retournent en début d’après midi au pk 236 et trouvent ma voiture. D.R rappelle la gendarmerie qui a effectué des recherches la matinée au pk 236. OK.
La gendarmerie pense que je suis chez ma maîtresse ou que j’ai mis fin à mes jours. Ce fantasme gendarmesque est un classique éculé ! D.R les rassure sur ses sujets. D.R et S.K décident de partir quelques heures dans la forêt. S.K connait la manière dont je me déplace en forêt car c’est un peu la sienne. Il repère un endroit où je suis passé.
D.R doit partir en métropole le lendemain. Il décide d’appeler un autre collègue qui maîtrise la lecture des cartes afin qu’il épaule SK. La collaboration avec la gendarmerie lui semble difficile. Il a également des doutes quant à leurs techniques de recherches. Moi aussi. De gros doutes, même dans ce cas précis... Mais je ne jetterai pas l'opprobre sur ce corps de militaires qui perd chaque année plusieurs de ses membres en missions au service de la population. Honneur à eux. Pour ce qui nous concerne, la recherche d'une discussion constructive est une priorité absolue. Elle devra ignorer les critiques clichés, toujours stériles, mesquines et apanages des mauvaises langues.
 
Mercredi : La gendarmerie part avec SK au pk 236. Incompréhension total entre S.K et la gendarmerie sur la manière d’effectuer les recherches. Logique, hélas. Mon autre collègue C.V contact S.K. Ils décident de travailler ensemble car pour la gendarmerie je suis mort. On ne meurt pas en forêt au bout de quelques jours, mais d'une paire de mois. Mes amis pensent le contraire. En fin de journée S.K recrute des amis chasseurs et C.V travail sur les cartes.
Le mercredi soir la gendarmerie passe à mon domicile prendre une brosse à cheveux et une brosse à dent afin de récupérer mon ADN…. "Résolument optimistes, générant une ambiance de franche rigolade…"
 

Jeudi : Les chasseurs partent à ma recherche. C.V contact l’ONF. L’ONF part également à ma recherche. S.K trouve ma trace. Le patawa coupé le rassure. Je suis vivant. Malgré une centaines de cartouches tirées il ne perd pas espoir. Il sait que je descends la crique. Le soir il retrouve C.V pour faire le point. Ils décident le lendemain de me chercher sur une zone précise, vers Mana. C.V va remonter l’Acarouny en bateau avec un ami. POINT CAPITAL : C'est bien la connaissance préalable du comportement que tu auras adopté et sa confirmation par tes traces sur le terrain qui ont permis de te retrouver. De là l'importance d'établir un protocole.
 
Vendredi : Les recherches n’ont rien données des deux cotés. S.K et CV et Y.B se replongent dans les cartes et décide de chercher sur la zone de Charvein. S.K décide de contacter des chasseurs de Charvein qui connaissent bien les environs. Une fois les bonnes personnes trouvées, ils décident de partir pour 2 jours minimum avec C.V et Y.B. Excellente initiative !
 
Samedi : Les chasseurs de Charvein connaissaient bien le terrain je m’en apercevrai au retour. De l’eau jusqu’à la ceinture il était quasiment impossible de retrouver le chemin.
Une fois sortie de la forêt C.V informe la gendarmerie et l’ONF qu’ils m’ont retrouvé afin qu’ils cessent les recherches.
 
Dimanche : entretient téléphonique avec le Major P afin de répondre à quelques questions et de clôturer leur enquête.
 
 
 
Je pense que mon résumé est correcte et que je suis allé à l’essentiel.
 
 
Je me suis posé plusieurs questions suite à cette expérience :
 
- Comment j’en suis arrivé à cette situation ? Après réflexion et de bonnes discussions avec M Deplanque : la routine, l’absence de boussole et la peur.
Qui placé dans cette situation, n'aurait pas peur ? Celle-ci est l'ennemi sournois qui t'assiège, préparant le terrain à une sorte de dépression qui s'installe insidieusement. Le stade ultime est la folie. Dès le départ, et même si la personne n'en est pas consciente, ses capacités de raisonnement, sa logique sont perturbées. Là encore, l'établissement d'un protocole sera de nature à dissiper l'angoisse.
 
- Comment j’ai pu tenir 6 jours et 5 nuits en forêt sans trop « de dégâts » :
 
•        Niveau matériel : une couverture de survie, un grand sac en plastique, de l’huile de carapa, de l’antimoustique, de la chlorexidine, un bon sabre, un couteau suisse (merci la pince à échardes), un briquet, un sifflet, mon juxtaposé Baikal et une cinquantaine de cartouches.
 
•        Une connaissance correcte de la forêt qui m’a permis de me nourrir, même chichement parfois, de me désaltérer et de m’abriter.
 
•        Un bon mental et une bonne condition physique.
 
Par contre une lime, une frontale, une autre couverture de survie, un deuxième briquet et du petit matériel de pêche m’aurait été très utile.
Et comme me l’a dit M Deplanque deux petits hamacs de brousse n’auraient pas été un luxe…
Hamacs garimpeiros en toile de parapluie, les plus légers et imperméables… Des hamacs coton de style brésilien sont volumineux et très lourds une fois mouillés. Deux briquets, une montre, un petit miroir...
 

 
- Pourquoi cette impression de temps perdu par rapport aux recherches ?
 
•        Ne pas avoir communiqué précisément à ma femme l’endroit exact  où j’allais.
 
•        L’impossibilité de mutualiser les moyens entre la gendarmerie et les gens de terrain (« les chasseurs Locaux »)
 
- Ai-je pris la bonne décision ? Je ne sais toujours pas. J’ai respecté ce que mon ami Saramaka m’a toujours dit en cas de perte, ce qui lui a permis de me retrouver (avec l’aide de mes collègues) et j’ai toujours eu en tête, l’article que  M Deplanque avait écrit il y a quelques années quand 2 randonneurs se sont égarés en voulant se rendre à Saül.
M Deplanque précisait que ces 2 personnes n’auraient pas du rester à attendre les secours (j’espère que je ne me trompe pas…) bien que ma situation fut différente de la leur. J’ai toujours été en mouvement, avec un ou plusieurs objectifs pour la journée. En tout cas, je n’aurais pas pu rester à attendre des jours au même endroit. C’est ce qui m’a aidé psychologiquement.
 
- Est- ce que j’aurais pu rester « prisonnier » de la forêt pour toujours ? Mes amis m’ont tous dit qu’ils auraient finis par me retrouver et qu’ils avaient confiance en mes capacités à me débrouiller en forêt. S’ils ne n’avaient pas retrouvé aurais-je pu traverser ces zones marécageuses ? Je me donnais encore 4 jours et je comptais sur le bon temps pour faire baisser le niveau de l’eau. Je comptais également sur la rencontre avec des chasseurs (entendre des coups de feu) car j’ai croisé pas mal de layons et de cartouches.
 
- Avais-je tout mon esprit durant mon séjour en forêt. Il me semble que oui même si je n’ai pas réussit à reconnaître une bonne partie de la route de Charvein et de l’Acarouany en rentrant à Saint Laurent. Non et tu l'avoues toi-même en une seule phrase dans laquelle tu te contredis.
 

 
Je suis en métropole au moment où j’écris ce texte. Je vais retourner chasser et pêcher dès mon retour en Guyane. Je pense ne pas avoir d’appréhension particulière car je prendrai les précautions nécessaires pour ne pas me retrouver dans la même situation.
 
Mais au regard de ma mésaventure il est important de mettre en place un protocole de recherche en Guyane : attitudes que doit observer les sauveteurs et la ou les personne(s) égarée(s), mutualisation des moyens entre la gendarmerie et les personnes vivant en Guyane qui connaissent sérieusement la forêt.
Merci pour ce témoignage. STP, pas de cérémonial de type "Monsieur Deplanque". Je m'appelle Joël et n'ai pas la science infuse de la forêt.
 
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MessagePosté le: Mar 20 Aoû - 07:29 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

 Difficile de se perdre une semaine, je te felicite quand même pour ton courage .

Je voulais juste donner une astuce qu'y aurait pu te rendre service. Un briquet même s'il ne s'allume plus peut encore produire quelques flammes.

En effet  enlevez d'abord la partie métallique à l'aide d'un couteau , ensuite laisser appuyer la languette plastique du gaz et tournez la roulette et vous verrez qu'avec cette technique vous avez encore 5 ou 6 flammes dans votre briquet(astuce de fumeur).

Enfin n'hésitez pas  à prendre une bougie , elle permettra de faire du feu en toutes circonstances et économisera votre briquet.
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MessagePosté le: Mar 20 Aoû - 09:43 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

L'étude d'un protocole se heurte d'emblée à la diversité des profils des personnes égarées, qu'il s'agisse des équipements emportés, de leur connaissance du milieu ou encore des comportements. Il est évident qu'entre le Bushinengué pieds nus, sa machette, son vieux Baïkal, ses deux cartouches et le métropolitain néophyte, il y aura toute une gamme de possibilités. Je pense que nous devons partir des situations matérielles minimum en montant graduellement dans l'équipement. Sur le principe du "qui peut le plus peut le moins" il faudra garder à l'esprit que celui disposant de plus d'atouts pourra appliquer des stratégies basées sur moins de potentiel.

Dans un premier temps, il conviendra de rappeler les précautions de base avant une immersion en forêt :
- Communiquer à ses proches le lieu de la balade, sa durée, le matériel emporté, le comportement en cas de perte. Consignes (délai avant déclenchement de l'alerte). Tout élément de nature à faciliter les recherches.
- Ne pas surestimer ses capacités.
- Vérifier le bon état de son matériel : arme, vêtements et chaussures, etc.
- Toujours rester en capacité de rentrer.
- Ne jamais se séparer du kit de survie : 2 boussoles, 2 briquets, machette, arme et munitions, hamac garimpeiro, petit matériel de pêche, etc.
- Éviter de partir seul.
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MessagePosté le: Sam 31 Aoû - 11:41 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Bon...
Je réfléchis...
Et plus je réfléchis et plus je me dis qu'il ne sera pas possible d'établir un protocole adapté à toutes les situations pouvant se présenter tant elles sont différentes. J'en suis arrivé à la conclusion que la solution réside dans l'application d'un protocole applicable à l'ensemble des cas et modulable en fonction de situations particulières connues.
Force est de constater que jusqu'à présent, les personnes confrontées à une situation de perte se trouvent dans l'impossibilité non seulement de communiquer, mais de plus sont réduites à émettre des hypothèses. Le but reste de réduire autant que faire se peut les suppositions et d'augmenter la part de "prévisions raisonnables".
Donc...
Une fois rappelés les conseils ci-dessus (liste non exhaustive) et se trouvant confronté à un cas de perte :
Les éléments importants à connaitre seront :
Zone de perte.
Ses habitudes de chasse ou immersion.
Matériel dont l'égaré est porteur.
Sa connaissance de la forêt.
Sa connaissance du (futur) protocole et ses moyens d'y coller.
Autres indices.

A ce stade de ma réflexion, je ne vois pas d'autre recommandation que la mise en place et la communication de techniques de nature à faciliter un repérage visuel ou sonore. Par définition une immersion profonde est une pénétration en forêt d'une durée supérieure à 24 heures. La personne sera considérée comme égarée si pas de retour 24 heures (incluant une nuit) suivant la date de retour prévue.

Sachant qu'en Guyane les brumes matinales ne se sont dissipées que vers 9 h 30 (notamment à l'intérieur) et que la pluie est le plus souvent vespérale, il conviendra de recommander une signalisation par allumage d'un feu entre 10 et 12 heures. La fumée épaisse permettant un repérage aisé par moyen aérien sera obtenue en chargeant le feu à l'aide de branchages et feuillages verts.

Voici donc pour mes premières idées. Il serait souhaitable qu'une personne de la gendarmerie participe à la mise en place de ce protocole. Je n'ai pas le monopole du génie...  Idea
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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 11:40 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Du génie à la gendarmerie j'en doute , comme l'a dit notre ami , tu as toujours une maitresse ou tu t'es suicidé.
De plus les militaires sont des gens bornés et n'aime pas beaucoup les civils et pensent toujours avoir raisons sur tout.
L'onf à l'image de leur ancien directeur qui a réussi à se perdre 3 jours aux malgaches montre le niveau de compétence de la maison.
Je pense que ce protocole doit etre fait sous une forme d'associations qui réunirait des gens de tous horizons et en cas de perte une expédition serait montée ou chacun apporte une logistique(genre pompier volontaire)
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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 12:13 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

"Du génie à la gendarmerie j'en doute , comme l'a dit notre ami , tu as toujours une maitresse ou tu t'es suicidé".
Je serais curieux de connaitre les références et antériorités étayant ce genre de fantasme... Very Happy

"De plus les militaires sont des gens bornés et n'aime pas beaucoup les civils et pensent toujours avoir raisons sur tout."

Ca reste à démontrer.

"L'onf à l'image de leur ancien directeur qui a réussi à se perdre 3 jours aux malgaches montre le niveau de compétence de la maison."

Le cas de perte de Bernard Sellier est absolument hors-normes. Il fut mon patron pendant quelques années. Pour bien connaitre la maison y ayant travaillé pendant 22 ans, je serai globalement OK avec toi. Pour autant il y a (encore et malgré tout) des Personnels compétents, attachés à leur mission de service public et qui se décarcassent. Sur Saint-Laurent il y a un agent notamment qui organise des visites aux Malgaches et qui me semble présenter d'excellentes garanties. Je ne le connais que très peu pour avoir échangé quelques mots avec lui. Vu mes relations avec l'ONF Guyane, je ne souhaite pas trop le complimenter (ça pourrait se retourner contre lui).

"Je pense que ce protocole doit etre fait sous une forme d'associations qui réunirait des gens de tous horizons et en cas de perte une expédition serait montée ou chacun apporte une logistique(genre pompier volontaire)"

L'idée me semble excellente même si selon Dassault "un dromadaire, c'est un cheval dessiné par un comité". Soyons schématiques : Il y aurait là une possibilité de fédérer les moyens techniques des "blancs" et la connaissance du terrain des "noirs". Cette mise en commun des bonnes volontés, moyens et connaissances pourrait s'avérer salvatrice de plusieurs vies. Ce groupe de personnes pourrait dans l'ordre :

- créer une cellule de réflexion sur le sujet.
- dresser l'inventaire des pertes. Causes, moyens de sortie, etc.
- dresser l'inventaire des moyens techniques et humains disponibles. (Partenariat gendarmerie, armée, ONF, autres).
- établir un protocole simple de recherche.
- le médiatiser.
- disposer d'un nom. "SOS Bas Bois" ? Idea
- se poser en partenaire incontournable.

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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 12:39 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

 Des anecdotes sur la gendarmerie sur le fleuve Mana , j'en ai un tas mais ce n'est pas le sujet.
Le problème ne vient pas des gendarmes mais de leur hiérarchie. Comment expliqué que des mobiles venues pour 3 mois sont affectés à des missions en foret , alors qu'ils ne connaissent rien. Le fait de leurs méconnaissances , des reportages vus en France et des on dit, font qu'ils ont peur et deviennent dangereux pour tout le monde.
Le but de l'association est d'avoir des gens compétant ,efficaces et celle ci avec approbation de l'état doit pouvoir disposer de moyens matériels .
Avec tout le matériel que la gendarmerie saisit ces opérations aurait ainsi un cout limité.
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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 12:57 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

"Le but de l'association est d'avoir des gens compétant ,efficaces et celle ci avec approbation de l'état doit pouvoir disposer de moyens matériels .
Avec tout le matériel que la gendarmerie saisit ces opérations aurait ainsi un cout limité.
"

Tout-à-fait d'accord. Mais avant d'en arriver là il faudra démontrer de compétences et disponibilités. Un bon début serait de recueillir les récits des expériences de gens s'étant égarés. Attention dans les démarches à ne pas froisser certaines susceptibilités ! "La fonction crée l'organe" et donc la mise en place d'une telle structure aura pour premier effet de mettre en évidence certaines carences. Danger...
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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 13:00 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

 A ce niveau on ne parle plus de carences mais de vide , de trou noir.
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MessagePosté le: Lun 2 Sep - 13:01 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

OK. Et comme la nature a horreur du vide, soyons naturels...
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MessagePosté le: Mer 11 Sep - 13:43 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Bon... Je copie-colle ci-dessous un extrait de mon MANUEL DU VRAI BROUSSARD traitant de la perte en forêt. Ensuite, je donne ma version d'un protocole possible qui pourra servir de base de discussion.

____________________________________________

3.2 Comment éviter de se perdre.

Sans sombrer dans la paranoïa ou l'excès de précautions, quelques mesures simples pourront éviter de se trouver en situation de perte et en tout cas, faciliteront le positionnement.
S'assurer que l'on dispose de cartes fiables et précises.

Vécu : J'ai eu en mains une carte émise par un service administratif dont je tairai le nom. Sur cette carte, la crique Portal se jetait dans le Maroni alors qu'elle est un affluent de la Mana… Dans le genre perte assurée, difficile de faire mieux !

Ne pas surestimer ses capacités.
Faire toujours confiance aux instruments de navigation, mais si possible en vérifier les indications.
Adopter des comportements fixes, tels que donner des coups de machette du même côté, établir des codes permanents quant à la signalisation, etc. De la bonne connaissance de ces modes opératoires ordonnés découleront des indices aboutissant à des déductions simples et fiables.
Respecter les précautions d'usage.
Pour le boussolier : communiquer avec les autres randonneurs, les informer en permanence et en temps réel des données de progression.
À tout moment, connaitre sa position approximative.
Faire des points à chaque pause. Lire le terrain et s'assurer que cette lecture confirme les informations des documents cartographiques.
Mémoriser la position du soleil.
Se rappeler le relief proche et parcouru.
Noter les bruits "anormaux" tels que véhicule, avion, coup de fusil, etc.
Bien matérialiser le parcours accompli.
Mémoriser les sens d'écoulement des criques traversées.

Le conseil de Speedy Konokoni : Même si vous êtes en pleine jungle, se rappeler que dans certaines conditions, un simple téléphone portable peut accéder au réseau à partir d'un point élevé !

Estimer leur provenance et noter mentalement des bruits naturels tels que chute d'eau, concert de batraciens indiquant la proximité d'une crique ou d'une zone humide, etc.
Noter tout détail particulier pouvant se révéler un indice pouvant faciliter un positionnement précis.
S'abstenir de toute initiative imprudente.
En cas de présence d'une route, piste ou grosse crique, en mémoriser l'orientation générale avant le départ de façon à bénéficier d'une large issue possible constituant une solution fiable de rechange.

Vécu : Je chassais souvent dans la région de la vieille route de Cayenne, piste de Paul Isnard. Sachant que cette pénétrante est orientée nord-sud, je rentrais une fois ma chasse terminée – et en fonction du côté par lequel j'avais pénétré en forêt – cap à l'est ou à l'ouest. Comme j'avais chassé devant moi, pendant plusieurs heures, sans m'orienter, je retrouvais souvent la piste assez loin de la voiture !

Si nécessité de séparation temporaire, ne pas perdre le contact avec le groupe. Si obligé, communiquez et indiquez avec précision le prévisionnel temps de déplacement et comportements. Lister des hypothèses de problématiques et définir pour chacune d'elle une réponse adaptée.
Disposer si possible de moyens de communication radio ou téléphoniques et établir des horaires d'appel.
Si rendus possibles par la distance séparant les groupes, définir de codes sonores à heures prédéterminées : coups de feu, frappes sur les empattements d'arbres, etc.
Effectuer en permanence des recoupements sur la base des informations recueillies en cours de progression.
En cas de contradiction, s'arrêter immédiatement et résoudre le problème avant de repartir.
Garder présent à l'esprit qu'à tout moment, il faut être en mesure de faire demi-tour de façon sécuritaire et de disposer des moyens physiques et techniques pour ce faire.
Au carbet, bien matérialiser, de façon spécifique et aisément reconnaissable le layon d'arrivée.
Éviter de marquer à tout-va et dans toutes les directions autour de l'abri.

3.3 Différentes situations de perte.

Dans la grande majorité des cas, les gens participant aux recherches n'ont qu'une très vague idée de la zone possible de disparition et, en absence totale d'informations et de moyens de communication, en sont réduits à des hypothèses.
Que s'est-il donc passé ?
Impossibilité qu'a le randonneur de retrouver le layon d'origine pour une raison ou une autre.
Progression intuitive, sans marquage ni layon.
Perte des repères visuels ou sonores.
Mauvais positionnement antérieur suite à une mauvaise interprétation des documents cartographiques.
Absence de matériels d'orientation.
Difficultés à faire le point.
Situation de stress.

3.4 Attitude à observer en cas de perte.

Selon que l'on sera seul, en binôme ou en groupe, la situation sera complètement différente.
La zone géographique elle-même influera grandement sur l'attitude à observer : Zone lointaine, isolée ou proche d'activités humaines présentes ou passées ?
En cas de perte et dès le constat de celle-ci intégré, il ne faudra pas envisager le pire ou céder à la panique. Ne pas aggraver sa situation en courant dans tous les sens et de façon désordonnée à la recherche de son layon.
S’asseoir ou ne plus bouger et considérer l'état de perte comme temporaire.
Admettre que la solution est dans la réflexion.
Tenter de faire un point rationnellement.
Évaluer les causes et l'ampleur de l'erreur.
Mémoriser en historique les derniers détails recueillis au cours de la progression récente : Position du soleil, azimut, éléments naturels remarquables éventuels, reliefs, bruits particuliers et permanents, ultime point connu.
Le cas échéant, recueillir des informations des autres randonneurs et en faire la synthèse.
Matérialiser sa localisation actuelle.
Si possible, y laisser un randonneur pendant que les autres recherchent le layon.
Tenter d'estimer la nature de l'écart, son ampleur.
Se rappeler l'azimut de progression.
À partir de cette position, effectuer la recherche de façon rationnelle en suivant des perpendiculaires au cap.
Tenter de déterminer la cause de la perte.
Ne surtout pas essayer de rejoindre un point inconnu à partir d'un autre point inconnu.
Respecter les moyens sommaires de communication convenus par l'établissement de codes et procédures.

3.5 Comment s'en sortir.

Chercher une personne égarée en forêt guyanaise est bien pire que rechercher une aiguille dans une botte de foin. Le survol en hélicoptère ne pourra être productif que si le disparu manifeste sa présence au sol via des signaux visuels tels que fumée, bâche de couleur, etc. Et encore, il y aura toujours une grande part de chance.

Vous avez respecté les indications ci-dessus et fait un point approximatif. Une fois matérialisé le point d’arrêt, prospecter des perpendiculaires à l'azimut suivi ou décrire lentement autour de lui des cercles d’un diamètre croissant dans le but de trouver une trace de son passage récent.
Attention ! Un layon peut être traversé sans pour autant être détecté ! Un layon est toujours bien plus visible lorsqu'on se tient sur son axe que si coupé transversalement ! Lors de la recherche de la trace, il faudra progresser lentement et rechercher le moindre signe de passage récent ou plus ancien.
Si vous n'arrivez toujours pas à retrouver votre trace, la solution à la fois la plus simple et la plus sage serait de faire demi-tour. Avec un peu de chance, vous pourrez retomber sur le passage que vous avez ouvert.
Cas où vous êtes vraiment perdu. Pour se signaler visuellement, il sera conseillé de gagner un point haut. La végétation y est plus basse, plus claire, et qui sait, un réseau téléphonique accessible (?).
Vous aurez toujours une idée approximative de votre position en fonction du point de départ, de la cartographie de la zone, de la progression réalisée. Partant de là, il convient de déterminer dans quel bassin versant vous vous situez.
Toute rivière mène tôt ou tard à la mer et en suivant le moindre criquot vous tomberez sur des cours d'eau de taille croissante qui en Guyane aboutira soit sur la RN1, soit sur un des plus grands fleuves menant à l'océan. Il vous sera sans doute possible de rejoindre en ligne plus ou moins droite une piste forestière, un axe routier quelconque.
Vous pourrez tomber sur d'anciens layons, des traces de "civilisation".
 
Vécu : Dans la région de Saül, en pleine jungle, au centre de la Guyane et loin de tout plan d'eau, j'ai trouvé un chariot de planche à voile…

Respecter s'il y a lieu les procédures établies avant le départ et précisant les attitudes qui seront adoptées en cas de perte, notamment en méthode de signalement.
Se dire que si vous avez pu arriver jusqu'ici, vous êtes aussi capable d'en repartir.
Procéder à l'inventaire des matériels ou accessoires disponibles et optimiser leur utilisation. Faire de même avec les éléments extérieurs détectables. Vous pouvez être à portée sonore d'une route, d'un fleuve, d'une activité humaine quelconque.
Utiliser les indices naturels permettant de s'orienter (soleil) et des moyens simples de substitution tels que montre remplaçant la boussole.
Autant que possible, gérer le stress. Plus facile lorsque l'on n'est pas seul. Décider d'une stratégie en déterminant les itinéraires de sortie possible les plus pertinents. Ceux-ci dépendront des bassins versants, des distances à parcourir en fonction des points à rejoindre et des difficultés supposées.
Plus que jamais au cours de la progression, être attentif à tout indice de nature à conforter l'idée d'une sortie proche.
Assurer la survie alimentaire minimale en :
a) Exploitant les connaissances botaniques et en évitant la consommation de fruits ou végétaux non identifiés avec certitude comme étant comestibles.
Le fait que certains fruits sont consommés par les animaux ne constitue pas toujours un bon indice de comestibilité.
b) Capturant des gibiers, tortues, poissons, etc.
c) Réduisant les dépenses énergétiques en évitant les dénivelés, les marécages et en respectant des pauses.
d) Autant que faire se peut, essayer de récupérer au cours de la nuit en la rendant la moins inconfortable possible.
Établir un plan de marche.
Si vous n'avez plus de hamac, vous serez obligé de dormir à même le sol. Confectionner pour ce faire un lit sommaire et épais à l'aide de feuilles de patawa, de comou  ou encore de palmier Pinot.
Rechercher les sources sonores susceptibles d'indiquer une activité humaine (coups de feu, tronçonneuse, véhicule, moteur hors-bord, aéronef, etc.).
Traquer l'indice visuel révélant ces mêmes activités, même antérieures.
Les anciennes pistes de débardage créées lors des exploitations forestières ne s’éloignent que peu (Pour des questions de rentabilité) des axes principaux. La longueur moyenne de ces pistes de débardage est généralement inférieure au kilomètre.
Indice visuel : Le passage régulier des lourdes grumes débardées à l’occasion de l’exploitation a causé des dégâts à la végétation. Les tracteurs rentrent à vide en forêt et reviennent à la place de dépôt en tirant les troncs derrière eux. Cela fait que le sous-étage présent sur le tracé de la piste de débardage est plaqué dans le sens d’avancement des tracteurs au travail. Suivre donc le sens des tiges... Élémentaire !
Autres indices de la proximité d'une piste forestière :
Présence de souches. Végétation particulière des zones de passages anciens d'engins mécaniques : Bois canon, ayoe weto, herbes rasoir.
Les cambrouses  peuvent montrer la présence d'une activité humaine ancienne.
Sur des layons datant un peu, les traces de bris des brins du bas étage restent visibles plusieurs années. Le plus souvent, le petit houppier reste dirigé vers le bas et un bourrelet de cicatrisation est visible sous la forme d'un renflement présent au niveau de la cassure.
Il en va de même pour ceux taillés à la machette et qui sont parfaitement détectables par un œil exercé.
Dans les deux cas, ne pas espérer les repérer par une différence chromatique. Les feuilles se sont depuis longtemps adaptées à leur nouvelle position et les cicatrices des brins coupés ont pris la couleur normale du végétal.

_________________________________________

Je rappellerai qu'il s'agit de sauver des vies humaines et par-là même d'éviter des souffrances et des drames familiaux.
Accessoirement de réaliser des économies d'argent en facilitant les recherches et accélérant autant que faire se peut la récupération des égarés.


L'idée d'une plaquette me semble judicieuse. Elle pourra être affichée dans les services publics, offices de tourisme, diffusée sur Internet, etc. Comme évoqué sur Skype, il faudra dans un premier temps :

Rappeler qu'il n'y a pas de surhomme. N'importe qui peut se perdre, novice ou chevronné. L'humilité débouche sur la prudence.
Il est très facile de s'égarer : poursuite d'un gibier blessé, fuite désordonnée après attaque de guêpes, etc.
Chaque immersion en forêt, aussi courte soit-elle ne doit jamais faire l'impasse sur les précautions à prendre.
Rappeler les précautions à prendre avant chaque immersion.

Le matériel MINIMUM à prendre...
2 briquets...
1 arme de chasse et ses munitions...
1 machette...
1 boussole...
Petit matériel de pêche...

C'est à partir de cet équipement de base que sera établi le protocole. Tout matériel supplémentaire emporté sera réputé aider. La personne égarée est dépourvue de moyens de communication. Pour autant il convient de mettre en place des dispositifs comportementaux permettant un repérage rapide et efficace. Pour ce faire, nous disposons de deux moyens : visuels, sonores.

Les moyens visuels :
Le feu approvisionné en branchages et feuilles verts dégagera beaucoup de fumée. La colonne sera visible par tout appareil survolant la zone de perte. Compte tenu de la présence de brouillards matinaux s'attardant jusqu'à 9 h 30 (surtout à l'intérieur) il m'apparait opportun de convenir d'un départ de feu vers 10 h. Que l'on ne s'y trompe pas, c'est là le principal moyen de se faire repérer.
Le coup de la bâche de couleur vive disposée dans une zone claire me semble bien aléatoire.

Les moyens sonores :
Les coups de fusil sont fréquents, anonymes et par conséquent peu fiables, voire totalement inefficaces. Garder ses cartouches pour trouver des protéines...
Frapper des empattements à l'aide d'un bout de bois ou d'une machette produit un son perceptible à bonne distance.
Attention au relief qui est susceptible de réduire les portées du son et d'en modifier la perception de son origine.

Voila. Ce sera tout pour aujourd'hui. le débat est ouvert à tout le monde.
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MessagePosté le: Mer 11 Sep - 13:54 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

le miroir accessoire a garder sous la main en cas ou car léger et fiable  Idea  

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MessagePosté le: Mer 11 Sep - 19:12 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

Je n'y crois pas du tout sous l'épaisse canopée de la forêt amazonienne. Difficile de rendre visible par un engin en mouvement le flash d'une lumière ayant déjà du mal à arriver au sol.D'une zone dégagée, OK.
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MessagePosté le: Jeu 12 Sep - 02:50 (2013)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE. Répondre en citant

il s'agit il me semble de faire une petite PLAQUETTE donc tu peux chasser en zone aussi dégager ( j'ai chasser en zone de pripri et savane marécageuse ) c'est dans l'idée de faire le tour des modèles de terrain qui sont présent . OK

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:57 (2017)    Sujet du message: AUTRE CAS D'ECOLE.

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